



Images,
actions et textes jouent avec la danse, emportant le spectateur
pour un road-movie
imaginaire en Patagonie et ainsi questionner
grâce à la perplexité, à la candeur ou à la
discrète perversité de ses héros, l'histoire naturelle
et humaine d'un quasi-continent, mythiquement vierge, tragiquement
violé,
villégiature cocasse des brebis, des gauchos, des indiens et des
touristes…
Une création à l’humour acerbe, onirique et utopique.

Une création de Marilén Iglesias-Breuker (concept, chorégraphie, mise en scène) en collaboration avec Luc Petton (Conseil artistique, caméra), Raul Pajaro Gomez (Plasticien), Horacio Cohen, Bruno Wagner (vidéastes) et Bernard Weber (écrivain).
Sur une création musicale de Alejandro Gonzalez Novoa, une mise en lumières de Stéphane Bordonaro et des costumes de Josepha Prada.
Recherche en studio et interprétation : Aurore Castan-Aïn, Damien Dreux, Marilén Iglesias-Breuker, Guillaume Lemasson et Katja Petrowick
Production : Icosaèdre en co-production avec CESARE et en partenariat avec le Centre Culturel Saint-Exupéry. Création soutenue par le Ministère de la Culture-DRAC de Champagne-Ardenne, le Conseil Régional de Champagne-Ardenne-ORCCA, le Conseil Général de la Marne, la Ville de Reims et l’ADAMI.
Opera Soppio par Anne de la Giraudière
A la croisée de la danse, du cabaret, de la vidéo et des arts plastiques, la chorégraphe Marilén Iglesias-Breuker embarque le spectateur dans un parcours onirique en Patagonie sous forme de voyage initiatique. Une création baroque à l'humour décapant, sous-tendue par de multiples questionnements...
Qu'on
se le dise : Opéra Soppio est un spectacle singulier,
atypique et hautement jubilatoire. Une oeuvre hybride qui se joue
de l'espace et du temps. Une fiction flottant au creux d'un paysage,
lacérée de discours, où la poésie de
l'absurde rencontre les brûlures du passé et du présent.
En combinant le texte, la danse, l'image et le son, Marilén
Iglesias-Breuker invente une nouvelle forme de récit sur l'échiquier
des formes et des pratiques contemporaines. Car les contributions
rassemblées ici, plutôt que de baliser un domaine, d'en
dessiner les contours sûrs, le traversent en forme de parcours
libre, « comme un collage dadaïste et baroque dans
le sens latino » souligne la chorégraphe. Faisant
son miel de tout ce qui sert sa pensée, Marilén met
la danse au coeur d'un propos : « A partir de l'histoire
de la Patagonie d'où est originaire ma mère, j'ai voulu
travailler sur la notion d'espace, de frontière et plus largement
sur la question du destin des peuples premiers et de la civilisation,
sur un ton à la fois onirique et ironique ».
Au
fil du récit, émerge une réflexion sur la
marche, trajectoire chorégraphique par excellence. L'homme
debout, l'homme qui marche, qui s'oriente, qui se positionne... Libre
, la danse traduit une évolution « darwinienne » des états
de corps avant d'aborder un registre plus abstrait. « Le
deuxième acte relève davantage du domaine du sensible.Je
me suis inspirée de la Croix du sud, de l'idée de frontière,
de passages, pour m'interroger sur les rapports entre les corps et
l'espace conçu comme un véritable partenaire » explique
la chorégraphe. De fait, les corps s'imbriquent, s'emmêlent,
s'abandonnent dans un quadrille contemporain où la fluidité du
mouvement traduit la dualité des rapports de forces ou de
tolérances. Dans ce périple chargé de sens,
Marilén Iglesias-Breuker a eu le talent de savoir additionner
les différents modes d'expression en les liant au sien, créant
un langage original, la somme de la diversité.